Ces suggestions, faites en il y a quelques jours, visent à rendre bénéfique la décision de la CEMAC qui prescrit de transformer le bois coupé dans les forêts de cet espace économique pour le vendre à l’extérieur
Ces suggestions, faites en il y a quelques jours, visent à rendre bénéfique la décision de la CEMAC qui prescrit de transformer le bois coupé dans les forêts de cet espace économique pour le vendre à l’extérieur
Plus que 16 mois et les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) vont arrêter de vendre leur bois en grumes à l’exportation. La société civile camerounaise apporte sa contribution à travers une note de position qui analyse les enjeux et propose des recommandations concrètes pour une transformation locale durable, inclusive et créatrice de valeur.
Pour la société civile, l’arrêt de l’exportation des grumes est « une opportunité stratégique pour renforcer la valeur ajoutée nationale, la compétitivité de la filière et la gouvernance forestière. L’interdiction des exportations de grumes représente une opportunité historique d’accélérer l’industrialisation de la filière bois camerounaise, de créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois, de diversifier les produits et les essences valorisées, et d’améliorer la qualité de la gouvernance du secteur forestier. » Mais pour que cette décision soit bénéfique pour les pays de la CEMAC comme le Cameroun, il faut un certain nombre de préalables.
Des préalables qui vont d’une politique industrielle adaptée permettant aux entreprises nationales de renforcer leur compétitivité et leur capacité de transformation à une approche concertée, progressive et inclusive, en passant par la sécurisation de l’approvisionnement industriel grâce à une meilleure connaissance de la ressource, une connaissance fiable et accessible de la ressource disponible ou à créer par la restauration ou la création des plantations des essences déjà interdites d’exportation, une gouvernance forestière renforcée garantissant la légalité des flux de bois et la responsabilité des acteurs, et autres.
Il s’agit, pour la société civile, de reconnaître, « l’augmentation des volumes de bois destinés à la transformation nationale nécessitera une adaptation importante des capacités industrielles existantes ». Car, « Plusieurs entreprises restent confrontées à des équipements vieillissants, à un accès limité aux financements, à des coûts élevés de l’énergie et à des contraintes logistiques qui réduisent leur compétitivité. La réussite de la réforme dépendra donc de la capacité à soutenir les investissements dans les équipements, les technologies améliorant le rendement matière, les infrastructures, l’énergie et les compétences techniques. » D’où la nécessité d’une attention particulière devra être accordée aux Petites et Moyennes entreprises (PME) forestières et aux entreprises les moins avancées dans leur transition. »
Dès le 1er janvier 2028, l’exportation des grumes sera interdite au Cameroun, conformément à la décision de la CEMAC. Suite à la résolution prise le 23 février 2024 à Bangui en République Centrafricaine (RCA) par les ministres en charge des Forêts des Etats de la CEMAC et celui de la République Démocratique du Congo, le Cameroun. Le Cameroun a opté pour une mise en œuvre progressive de cette interdiction. En avril 2024, 76 essences de bois ont été classées interdites d’exploitation par une décision du ministre des Forêts et de la Faune (MINFOF), Jules Doret Ndongo. Un autre arrêté du MINFOF, signé le 28 avril 2026, a rallongé la liste des essences à 91 espèces dont l’exportation ne peut être possible qu’après transformation. En 2025, un rapport du Global Forest Watch (GFW) indiquait qu’au Cameroun, l’exploitation forestière est le deuxième moteur de déforestation après l’agriculture. Selon le rapport de GFW, 2,4 millions d’hectares de couvert arboré relatif ont disparu au Cameroun entre 2001 et 2025.
Même si la décision a une portée économique, ses retombées écologiques sont indéniables, selon des experts en environnement parce qu’elle encourage la gestion durable de la forêt du Bassin du Congo, deuxième poumon écologique, après l’Amazonie. Dans forêts qui jouent un rôle important dans la lutte contre le réchauffement de la planète parce qu’elles permettent de séquestrer le carbone. Le pays pourrait gagner ainsi grâce par la proposition des services écologiques.
« Nous souhaitons revenir sur la décision de la CEMAC prise par souci d’harmonisation de la gestion durable des écosystèmes forestiers dans le Bassin du Congo suite à l’interdiction de l’exploitation des billes de bois par le Gabon en 2010. Montrer le chemin suivi par le Cameroun et les autres pays qui ont sursis l’entrée en vigueur de l’interdiction du 1er janvier 2025 au 1er janvier 2028. Comprendre l’importance écologique des essences faisant partie de la liste de 76 puis de 91essences déjà frappées d’interdiction de vente en grumes », a signifié un membre de la société civile.
En effet, le mise en œuvre efficace de cette décision ne doit pas incomber au seul MINFOF.
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