En partenariat avec les services de la Douane camerounaise et WildAid, cette opération de sensibilisation lancée à Yaoundé le 29 juin par le ministère des Forêts et de la Faune vise à lutter contre le trafic d'espèces sauvages et le transport illégal de produits issus d'espèces protégées.
« Ensemble, refusons que nos frontières deviennent des corridors de criminalité faunique […] ».
C'est par cet appel que le représentant du ministre des Forêts et de la Faune (MINFOF), Bruno Mfou'ou, inspecteur général, représentant le ministre Jules Doret Ndongo, a officiellement lancé, le 29 juin 2026, une nouvelle campagne nationale de lutte contre le trafic d'espèces sauvages et le transport illégal de produits issus d'espèces protégées.
La cérémonie s'est tenue à l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, en partenariat avec WildAid et les Douanes camerounaises.
Une campagne de sensibilisation dans les aéroports
Pour cette première phase, la campagne se déploie à travers des écrans numériques installés dans les halls des aéroports internationaux de Yaoundé et de Douala.
Les messages diffusés rappellent aux voyageurs, transporteurs et agents de contrôle les sanctions prévues par la loi contre le transport illégal de produits issus d'espèces protégées, notamment :
- les arrestations ;
- les amendes ;
- les peines d'emprisonnement.
Dans les prochaines étapes, la campagne sera également étendue aux ports maritimes ainsi qu'aux frontières terrestres.
Les espèces les plus ciblées par les trafiquants
Les écrans présentent également les espèces les plus fréquemment concernées par le trafic afin de sensibiliser aussi bien les Camerounais que les visiteurs étrangers.
Parmi elles figurent notamment :
- les défenses d'éléphants ;
- les pangolins et leurs écailles ;
- les peaux de léopard ;
- la viande de brousse issue du braconnage.
Le Cameroun, riche en biodiversité mais fortement exposé
Grâce à sa richesse faunique, le Cameroun constitue l'un des principaux bassins de biodiversité en Afrique. Cependant, comme l'a rappelé Jennifer Biffot, représentante de WildAid pour l'Afrique francophone, le pays demeure à la fois une zone d'origine et un point de transit des produits issus de la faune sauvage destinés aux marchés internationaux.
Elle a notamment insisté sur les fortes pressions exercées contre le pangolin, pourtant protégé par la législation camerounaise.
Pour Marthe Nseke Maboa, chef du secteur des Douanes du Centre représentant le Directeur général des Douanes :
« En tant que principaux points de passage internationaux, les aéroports jouent un rôle crucial dans la prévention de la circulation de ces produits à travers les frontières et le démantèlement des réseaux de trafic. »
Une collaboration renforcée entre l'État et WildAid
Cette campagne vient renforcer la coopération déjà engagée entre le MINFOF, les Douanes camerounaises et WildAid dans la lutte contre le braconnage.
Le représentant du MINFOF a salué cette initiative en soulignant qu'elle permettra de sensibiliser davantage les voyageurs à leurs responsabilités et aux graves conséquences de la criminalité liée aux espèces sauvages.
De son côté, la représentante du Directeur général des Douanes a rappelé que :
« Les aéroports constituent un rempart essentiel contre le trafic d'espèces sauvages. En sensibilisant les voyageurs, cette campagne soutient les efforts de répression et contribue à empêcher que le Cameroun ne devienne une plaque tournante du trafic d'espèces sauvages. »
Une menace pour la sécurité nationale
Le Cameroun abrite une faune parmi les plus emblématiques d'Afrique, notamment :
- les éléphants de forêt ;
- les pangolins ;
- les gorilles ;
- les chimpanzés.
Malgré cette richesse, le pays reste confronté aux réseaux internationaux de trafic d'espèces sauvages.
Cette nouvelle campagne s'inscrit dans un partenariat plus large entre le MINFOF, les Douanes camerounaises et WildAid, visant à renforcer simultanément :
- la sensibilisation du public ;
- la surveillance des points d'entrée et de sortie du territoire ;
- les actions de répression.
Présente en Afrique, en Asie et en Amérique latine, WildAid accompagne les gouvernements dans la protection des espèces sauvages afin de préserver ce patrimoine pour les générations futures.
Cette initiative intervient après la campagne consacrée au pangolin, intitulée « Disons non à la viande du pangolin ».
Tous les acteurs impliqués s'accordent sur un constat : la criminalité faunique constitue aujourd'hui une véritable menace pour la sécurité.


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