Le 35e bulletin saisonnier de prévisions des paramètres climatiques pour les mois de juin, juillet et août 2026 dans les cinq zones agroécologiques des dix régions du Cameroun est disponible.
Ce document produit par l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC) pour orienter la prise de décision collective et individuelle révèle que le pays sera de plus en plus exposé aux effets néfastes de la variabilité et du changement climatique.
Des effets qui affectent divers secteurs de son développement socio-économique.
Ce bulletin saisonnier qui couvre les mois de juin, juillet et août 2026 alerte sur des situations de fortes chaleurs en journée dans la plupart des localités des régions de l’Extrême-Nord et du Nord, où les températures seront comprises entre 38 et 42°C.
Dans le même temps, à cause de la diminution de la température, il sera aussi signalées des nuits froides dans de nombreuses localités des régions de l’Extrême-Nord (Makari, Yagoua, Mokolo, Bogo, Waza, Kaélé, Mindif, Mora, Maga, Maroua et Gamboura), du Nord (Dembo, Tcholliré, Poli, Guider, Lagdo, Pitoa, Touboro et Rey Bouba), de l’Adamaoua (Tignère, Ngaoundéré, Mbakaou, Dota et Mbé), de l’Ouest (Mbouda, Foumbot, Bafoussam, Bangangté, Bazou, Bafang, Tonga, Nkoumagba, Foumban et Bamendjing) et du Nord-Ouest (Santa, Babalang, Ndop, Pinyin, Audu, Nwa et Kumbo).
La deuxième décade du mois de juin va connaître une installation effective de la saison des pluies.
A partir de la deuxième décade du mois de juin dans certaines localités de la région de l’Extrême-Nord, la petite saison sèche dans la zone forestière à pluviométrie bimodale (régions du Centre, de l’Est et du Sud).
Il sera enregistré :
« des quantités de précipitations égales ou supérieures à la moyenne dans la plupart des localités de la zone Soudano-sahélienne (régions de l’Extrême-Nord et du Nord), la zone des Hautes terres (régions du Nord-Ouest et de l’Ouest), la zone forestière à pluviométrie bimodale (régions du Centre, du Sud et de l’Est), la partie Ouest de la zone des Hautes Savanes Guinéennes et la zone forestière à pluviométrie monomodale (régions du Littoral et du Sud-Ouest) »,
indique l’ONACC.
Flambée des maladies
En terme de risque ;
« Pour le secteur de la Santé : un risque élevé : une flambée des cas de paludisme en raison de l’exposition des populations aux piqures des moustiques durant les nuits chaudes sur l’étendue du territoire national ; des cas de typhoïde, suite à la consommation des aliments contaminés par la mauvaise qualité des eaux des pluies sur l’étendue du territoire national ; une accentuation des douleurs articulaires chez les personnes souffrant d’arthrose et de rhumatisme, suite au froid persistant dans certaines localités du territoire national ; une prolifération des moustiques vecteurs du paludisme suite à la stagnation des gites larvaires dans de nombreuses localités du territoire national »,
avertit le bulletin.
A cause de la mauvaise qualité de l’eau, il sera observé des cas de dermatites chez les enfants, suite à la chaleur dans la zone Soudano-sahélienne, de maladies respiratoires (rhume, grippe, etc.) chez les personnes âgées, les enfants et les femmes enceintes suite à la forte humidité et aux vagues de froid, de maladies diarrhéiques d’origine hydrique (levures, amibiase, dysenterie, choléra, etc.).

Les déplacements pourraient être affectés par des cas d’accidents de la voie publique (AVP) et des accidents domestiques, suite à la chute d’arbres, de poteaux sur les trajets, des murs, des toitures par des vents violents qui pourraient accompagner les pluies sur l’étendue du territoire national.
Insécurité alimentaire
Dans l’Agriculture, il pourrait avoir la destruction des plantations (Sorgho, Mil, palmeraies, cacaoyères, bananeraies, papayers, etc.), suite aux vents violents qui pourraient accompagner les pluies, un accroissement des mauvaises herbes et des cas de maladies fongiques dus au retour des pluies dans les régions de l’Extrême-Nord et du Nord, des attaques des cultures par les ravageurs (chenilles, Oiseaux granivores, etc.), une baisse des rendements des cultures (maïs, arachide, haricot, etc.) dans les zones des hautes savanes guinéennes, forestières à pluviométrie bimodale et monomodale et des hautes terres, due à un engorgement des sols, aux inondations des cultures et aux vents violents, une prolifération des mauvaises herbes, des insectes ravageurs et la flambée des cas de maladies des cultures suite aux fortes pluies dans les zones des hautes savanes guinéennes, forestières à pluviométrie bimodale et monomodale et des hautes terres.
Pour le secteur de l’élevage :
« un risque élevé d’enregistrer : des cas d’épizooties à germes préférant de bonnes conditions humides dans certaines localités du territoire national; une prolifération des maladies aviaires telles que la grippe dans les zones d’élevage ; des infections gastrique et intestinale chez la volaille et le bétail ; une augmentation des cas de dermatite interdigitée contagieuse (piétins) chez les bovins sur l’étendue du territoire national, suite à la forte humidité et au caractère boueux des sols, couplés aux précipitations et aux températures moyennes élevées qui favorisent la propagation des bactéries »,
selon le bulletin.
Pour le secteur de l’environnement : un risque élevé d’enregistrer : de perte de la faune aquatique due à l’augmentation des déchets dans les cours d’eau, suite aux pluies; des cas d’inondations dans plusieurs localités (Kribi, Bamenda, Buea, Maroua, Garoua, Douala, Yaoundé, Bafoussam, Ebolowa, Ngaoundéré, Limbe, etc.), suite aux pluies intenses et à l’obstruction des voies de drainage ; des cas de glissements de terrain dans plusieurs localités (Foumban, Wabane, Baranka, Bichati, Azi, Menji, Widikum, Boyo, Douala, Mezam, etc.) suite aux fortes pluies qui pourraient être enregistrées, associés au relief accidenté; Des cas de perte de la biodiversité et de destruction des habitats des animaux suite aux éventuels glissements de terrain, d’accidents dus à la chute d’arbres dans les réserves forestières, les parcs et autres sites touristiques, de braconnage suite aux fortes pluies qui pourraient limiter la capacité de déploiement des Eco-gardes dans les réserves et parcs, de noyade dû à l’élévation du niveau d’eau dans de nombreuses localités, de foudre et de vents violents durant les pluies dans toutes les 10 régions, pouvant entrainer des accidents et même la mort, suite aux chutes d’arbres ou de décharge électrique.

Accès limité à l’eau et à l’électricité
Pour le secteur de l’eau et de l’énergie : un risque élevé d’enregistrer : une dégradation/destruction des infrastructures de production et de transport de l’électricité (transformateurs, poteaux, lignes de moyenne et basse tension) dans de nombreuses localités des 10 régions, suite aux fortes pluies accompagnées de vents violents et de foudre, de submersion des infrastructures de retenue d’eau (mini-barrages et digues), de contamination des eaux de consommation par les eaux de ruissellement polluées et des inondations, de coupures et de surtensions suite aux pluies orageuses.
Pour le secteur des travaux publics : un risque d’enregistrer de destruction/dégradation des infrastructures diverses (ponts, toitures, routes, buses, etc.) suite à de fortes précipitations, une perturbation de l’exécution des travaux infrastructurels avec un impact négatif sur les délais de livraison, une occurrence des embâcles dans les drains en milieux urbains et péri-urbains avec pour conséquence, l’obstruction des canaux d’évacuation, de perturbations des travaux de construction dans les villes (Bamenda, Buea, Maroua, Garoua, Douala, Yaoundé, Bafoussam, Bertoua, Ebolowa, Ngaoundéré, Limbe, etc.), suite aux fortes précipitations.
Pour le secteur de l’Urbanisme : un risque d’enregistrer : des cas de dégradation et de destruction des édifices publics (hôpitaux, écoles, monuments, etc.) et des maisons d’habitation dans plusieurs localités du pays, suite aux précipitations abondantes, qui pourraient entrainer une saturation des sols, de perturbation des activités socioéconomiques dans les grandes agglomérations suite aux précipitations abondantes et aux inondations.
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