Sept jeunes adolescentes sur dix sont touchées par les 80% des cas d’avortements réalisés par des personnes non-qualifiées, selon une étude de la Société des gynécologues obstétriciens du Cameroun ; une pratique classée parmi les trois causes des décès en couches.
« Nous allons documenter le contexte des droits en matière de santé sexuelle et reproductive au Cameroun à l'aide de données détaillées issues des présentations, afin d'établir un profil du pays et une cartographie des initiatives en cours. Le rapport du forum permettra une compréhension claire de l'écosystème de l'avortement sous différents angles, tels que le plaidoyer, le renforcement des capacités, la législation, les systèmes de santé, l'implication des jeunes, ainsi que les ressources et organisations disponibles, afin d'identifier les domaines sous-financés ».
Ces propos de Kadidiatou Sow, à la clôture de deux jours de travaux (7 et 8 mai 2026) sur la santé de reproduction à Yaoundé, au-delà d’une simple déclaration, sont un engagement. La directrice du Centre ODAS, qui n’a raté aucun moment des travaux a compris que les droits sexuels et la santé de reproduction sont un problème préoccupant et pour lequel des efforts pour la recherche des solutions sont encourageants et restent à encourager.
Ce n’est pas en vain de continuer de plaider ensemble, au vu des interventions des spécialistes de la santé de la reproduction. Car si le taux de mortalité maternelle est parti de 406 en 2018 à 257 pour 100 000 naissances vivantes, le défi de la cible, du moins de l’âge de celles qui seront exposées à l’avenir aux conséquences des actes posés actuellement. Notamment des adolescentes qui pratiquent des avortements non sécurisés, étant donné que ceux-ci sont à l’origine des complications et des décès maternels.
« 80 % des avortements clandestins sont pratiqués par des personnes non qualifiées, touchant 70 % des jeunes filles et adolescentes. Les avortements clandestins consécutifs à des grossesses non désirées, provoquées par un viol ou un inceste, sont responsables d'un décès maternel sur cinq. Le coût du traitement des complications liées à l'avortement est environ dix fois supérieur à celui de la prévention ».
Selon les résultats d’une étude de la Société des gynécologues obstétriciens du Cameroun (SOGOC), partagés par le Pr Félix Essiben, gynécologue obstétricien, membre de la SOGOC. Les frais de prise en charge des complications d’un cas d’avortement nécessitent 44 000 francs CFA (80 $) à 524 000 francs CFA (1 000 $).
Une question de santé publique et de dignité
Entre 2022 et 2025, la SOGOC s’est appesantie sur une seule formation sanitaire de Yaoundé et a recensé 572 cas d'avortements clandestins desquels elle a relevé 167 complications et 4 décès.
Le mal est profond !
D’où la nécessité d’une synergie pour des actions fortes qui vont aider à sauver des vies. Et le ministère de la Santé publique, en organisant cette rencontre de deux jours, les 7 et 8 mai 2026 à Yaoundé, en collaboration avec CAMNAFAW et avec l'assistance technique d'ODAS, en présence des représentants des ministères de la Justice et Promotion de la femme et de la Famille –, des organisations de la société civile, des réseaux féministes et des partenaires – UNFPA, l'ambassade de France, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Pathfinder et AmplifyChange, entre autres, contribue à la création d’un espace de dialogue continu entre le gouvernement, la société civile et les partenaires techniques.
L’objectif étant de parvenir à l’adaptation des textes internationaux sur la santé de reproduction et la santé sexuelle ratifiés par le Cameroun, plus singulièrement, le Protocole de Maputo, avec la loi du Cameroun.
Une mobilisation que n’a pas manqué de saluer la Cameroon National Association for Family Welfare (CAMNAFAW), par le représentant de son président du conseil d’administration (PCA), l’honorable Gaston Komba.
« (…) Nous assistons à une grande première au Cameroun, regrouper les partenaires techniques et financiers autour de la société civile. Il y a un réel besoin et la CAMNAFAW restera prête à apporter son expertise pour la réalisation des actions. Les recommandations ne resteront pas lettre morte. La CAMNAFAW va en assurer le suivi et la mise en œuvre ».
A promis Armel Yadjo, directeur des programmes àa CAMNAFAW ;au nom du PCA.
Quoi de plus normal ! La santé reproductive est bien une question de santé publique et de dignité.
Commentaires 0