Chargé de plaidoyer senior au centre ODAS il indique par ailleurs l’appui de cette organisation pour l’implémentation des recommandations de l’atelier de deux jours sur la santé de reproduction auquel il a participé à Yaoundé.
Chargé de plaidoyer senior au centre ODAS il indique par ailleurs l’appui de cette organisation pour l’implémentation des recommandations de l’atelier de deux jours sur la santé de reproduction auquel il a participé à Yaoundé.
Le plus important pour nous, c'est d'adresser un message d'abord à l'endroit des populations pour que les populations puissent identifier cette question comme un problème de santé publique d'abord pour elles. Parce que ce sont elles qui sont à mesure de présenter cela aux gouvernements. Parce que nous, en tant que partenaires, on est peut-être mal placés pour présenter ce problème. Le plus important, c'est que les populations sachent et identifient cette question comme un problème de santé.
Et aujourd'hui, lorsque nous avons écouté les différentes présentations, notamment de la Société des gynécologues et obstétriciens du Cameroun, on se rend compte que c'est un problème très profond. La question de l'avortement clandestin qui crée énormément de mal pour les jeunes filles, mais également pour la société.
Il est alors important que les populations puissent déjà dans un premier temps prendre en conscience. Et ensuite, que ces populations, reconnaissant ce problème, puissent plaider auprès du gouvernement pour améliorer la situation. Et donc ça, c'est très important.
Parce que le gouvernement travaille pour la population. Et vu que le gouvernement a le mandat qu’il exerce pour les populations, il est tout à fait normal de prendre en compte ses besoins. C'est la raison pour laquelle, nous faisons aussi de la sensibilisation dans notre travail. Les problèmes de la société constituent la base du plaidoyer.
Et c'est pour cela aussi que nous travaillons avec les organisations de la société civile, parce que ce sont elles qui représentent la population. L'association des journalistes, l'association des jeunes, l'association des jeunes filles et même les leaders, les leaders communautaires, parce que c'est un problème qui se situe dans la communauté. Et pour le résoudre, il faudrait que cette communauté le fait connaître au gouvernement.
Donc, il est important que nous puissions vivre, que la femme, la jeune fille qui se retrouve dans une situation qu'elle n'a pas voulu, se retrouve dans des conditions difficiles où il n'y a pas de mesure de sécurité pour avorter, parce qu'on que le veuille ou pas, elle est dans une situation, elle est dans la détresse et elle ira avorter, peu importe les moyens.
Et donc, le plus important c’est de faire en sorte qu'on puisse encadrer ce processus pour éviter qu'il y ait encore des morts ; c'est vraiment ça l'essentiel du message.
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Bien sûr, à travers le plaidoyer. Et c'est la raison pour laquelle nous avons, cette deuxième journée de l’atelier a été consacrée à la société civile.
Au niveau du centre ODAS, nous avons travaillé pour mettre en place un Tink-tan Group composé de plusieurs organisations y compris la CAMNAFAW et tous les acteurs de la société civile, pour mutualiser la voix de la population.
Pour mutualiser la voix de la population, pour adresser les messages au gouvernement, au ministère de la Santé publique qui est lui-même aussi est conscient de ce problème. Et c'est ensemble (le ministère de la Santé et la société civile qui représente) les populations que le travail du plaidoyer se fera pour faire évoluer cet environnement juridique, cet environnement légal, afin d'aider les populations qui en souffrent.
Nous sommes un mouvement, et notre objectif c'est d'arriver à zéro décès maternel. Notre approche c'est vraiment de travailler avec la communauté, mais aussi travailler avec le gouvernement parce que c'est un partenariat que nous souhaitons.
Une fois que c'est fait, on estime qu'en ayant un environnement favorable parce que les différents gouvernements ont décidé de ratifier le Protocole de Maputo, texte annexé à la Déclaration africaine des droits, mais le protocole de Maputo est relatif aux droits des femmes.
Et donc ce protocole, en son article 14, permet de résoudre cette question des avortements clandestins et permet au gouvernement d'encadrer ce processus pour sécuriser les avortements afin d'éviter les décès maternels.
Nous sommes vraiment dans cette logique d'aider et d'accompagner les différents États à se mettre en règle vis-à-vis des engagements qu'eux-mêmes ont pris.
Le Cameroun, qui a ratifié ce protocole, est dans un processus de domestication pour l'adapter aux lois nationales pour son application effective, en tant que centre ODAS, nous accompagnons les différentes dynamiques de plaidoyer.
Nous avons la SOGOC qui travaille sur ce sujet, nous avons la CAMNAFAW, nous avons Dynamique Femmes et bien d'autres organisations. Notre rôle est d'accompagner la société civile afin de faire ce plaidoyer auprès du gouvernement pour alléger la domestication de ce protocole de Maputo.
L'objectif reste le même. Maintenant, c'est peut-être la méthode. Comment atteindre cet objectif où nous avons besoin d'innovation ?
L'innovation peut se faire, c'est à travers la société civile. Parce que nous, ODAS, on n'intervient pas en fait. On n'intervient pas pour la population parce qu'on n'en a pas la légitimité. Nous sommes un mouvement régional. On ne peut pas intervenir pour changer un environnement parce qu'on n'a pas cette légitimité.
Ceux qui ont cette légitimité, c'est la société civile camerounaise. C'est la CAMNAFAW, c'est la SOGOG, c'est les jeunes. Donc, ce sont eux qui doivent avoir ce pouvoir de transformer les choses, de pouvoir faire changer les choses.
C'est vraiment dans cette image que nous sommes. Nous accompagnons les organisations, les différents mouvements existants, afin que ces mouvements puissent utiliser des approches, y compris des approches innovantes, pour faire avancer le plaidoyer.
Nous voyons que ces mouvements-là ont des approches. Et cet atelier nous a permis justement de comprendre qu'au niveau du Cameroun, il y a différentes dynamiques qui sont en cours. Et que la société civile est dynamique et très altruiste. On sent qu'il y a vraiment de la matière. Il y a du contenu.
On a constaté dans les présentations lors du premier jour de cet atelier, par exemple, que chaque organisation travaille avec son financement pour faire avancer. Mais on a tous le même objectif. Et donc, c'est de voir comment mutualiser, comment travailler ensemble.
Et je pense que c'est le défi actuel au niveau du Cameroun. C'est de faire en sorte que toutes les dynamiques qui sont en cours puissent s'assoient ensemble et puissent avoir une stratégie plus large, plus inclusive, en incluant tous les acteurs.
Tous les acteurs sont déjà impliqués, mais les acteurs travaillent différemment. Dispersés. Donc, c'est de faire en sorte que les acteurs puissent travailler ensemble.
Et je pense qu'avec cet atelier, nous pensons que c'est un début. C'est un début parce que lors des travaux de groupe, nous avons constaté qu'il y avait différents mouvements, différentes associations au sein des mêmes groupes. C'est déjà pour créer cette synergie. Et puis, au fur et à mesure, nous allons faire le suivi de cette approche.
Au Cameroun, par exemple, pensez-vous que cette rencontre, par la mutualisation, va faire avancer vers la disparition des tabous ?
Oui, nous pensons. Au sorti de cet atelier, nous sommes satisfaits parce que nous avons pu observer un engagement de la part des uns et des autres, un discours franc et sincère ; la volonté de travailler ensemble.
Nous avons observé cette volonté de travailler ensemble.
Exactement. Donc, ce qui doit être fait, c'est vraiment de faire le suivi, l'accompagnement. Il y a eu des recommandations qui sont sorties de cet atelier. A notre niveau, c'est de travailler avec les différentes organisations pour faire le suivi. Et puis, les accompagner dans la mise en œuvre de cette feuille de route qui a été élaborée.
Oui, en fait, comme la présidente l’a si bien mentionné dans son discours, ODAS a aussi le rôle de faire le plaidoyer auprès des bailleurs pour mobiliser les ressources afin que les organisations de la société civile puissent en bénéficier. On essaie également de travailler.
Et au cours de cette activité, nous avons observé la participation active et remarquable des partenaires. Donc, c'est un travail de plaidoyer aussi qui est fait au niveau d'ODAS afin de mobiliser les ressources. Et ça, c'est important.
Nous savons que de nos jours, la question des ressources financières est un problème clé. C'est un problème majeur. Mais en même temps, il faudra aussi qu'en tant qu'Africains, on essaie de réfléchir dans la durabilité parce qu'on ne va pas être tout le temps là à tendre la main.
Ce sont des problèmes que nous vivons. Ce sont des problèmes de nos populations. Ce ne sont pas des problèmes de ces bailleurs. Ce sont des problèmes de nos communautés.
Pour que les différents gouvernements sachent qu'il y a un problème de santé au niveau du Cameroun et que c'est la redevabilité. Parce que lorsque le gouvernement est élu, il doit être redevable vis-à-vis des populations. Lorsque les populations ont des besoins, c'est au gouvernement de s'assurer que cela puisse prendre fin.
Généralement, et je pense que c'est une mentalité qu'il faut aussi changer. Lorsque nous venons en tant qu'organisation de la société civile, on attend les financements ailleurs. Et on ne réfléchit pas aux financements internes.
Finalement, le financement domestique devient innovant. Pourtant, c'est lui qui doit être naturel.
Quand nous avons un problème de maladie par exemple, c’est à nous d’aller à l'hôpital, nous devons faire un effort pour cela. Mais nous attendons souvent les autres viennent nous porter.
Nous comptons vraiment sur les journalistes pour sensibiliser les communautés.
C'est pour cela qu'il faudrait que la société civile puisse prendre conscience du problème. Et c'est pour cela qu'il faudrait que la société civile, les organisations, puissent savoir que c'est un problème majeur. Ce n'est pas un problème d’ODAS.
Ce n'est pas un problème des partenaires. C'est un problème de la population camerounaise. Et comme tel, c'est au gouvernement camerounais d’y apporter des réponses.
Maintenant, nous en tant que partenaires, nous accompagnons les organisations de la société civile pour plaider, pour faire le plaidoyer, pour dire au gouvernement, voici le problème. Voici, c'est une priorité. La question de la santé de la mère, c'est une priorité.
Une femme ne doit pas aller en couche et puis mourir en donnant la vie, on ne paie pas cela. C'est aux populations de montrer ce besoin.
Et donc, il faudrait qu'on change de paradigme. Mais ça, j'avoue que ce n'est peut-être pas pour maintenant. Mais je pense qu'il faut déjà faire un pas et puis au fur et à mesure, nous allons avancer.
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