La République Démocratique du Congo a alloué 14,5% de son budget global à la santé ; elle est désormais à quelques pas de l’atteinte de l’objectif d’Abuja, arrêté par les différents Etats pour les meilleures conditions de vie de leurs citoyens.
Par la Rédaction avec Africa CDC
Les progrès de la RDC vers l’atteinte de l’objectif d’Abuja de 15 % constituent un signal fort pour l’Afrique et pour la sécurité sanitaire mondiale.
Dans une tribune coécrite avec S.E. le Président Félix Tshisekedi et des collègues, nous mettons en évidence la manière dont la République démocratique du Congo avance vers cet objectif grâce à la mobilisation des ressources domestiques et au renforcement de la gestion des finances publiques.
Des systèmes de santé durables reposent sur un financement prévisible, une utilisation efficiente des ressources et une appropriation nationale renforcée.
À travers l’Agenda pour la sécurité sanitaire et la souveraineté sanitaire de l’Afrique (AHSS), Africa CDC s’emploie à accélérer cette dynamique à l’échelle du continent.
En 2021, les dépenses de santé en RDC s'élevaient à seulement 21,59 dollars par personne, soit à peine le quart de la moyenne de 92 dollars observée en Afrique subsaharienne. Le fardeau financier des soins de santé était inégalement réparti : plus d'un tiers reposait sur les ménages, sous forme de paiements directs, tandis que les donateurs internationaux en couvraient près de 40 %. Le financement public national, en revanche, représentait moins d'un cinquième (environ 18 %) des dépenses totales. Ce lourd fardeau direct à la charge des ménages transforme souvent la maladie en un choc économique, faisant de la santé un facteur majeur de pauvreté.
La déclaration d’Abuja est le texte qui a sanctionné le sommet de l’Union Africaine en 2001 au cours duquel les États membres s'engageaient à consacrer 15% du budget public à la santé, ceci pour renforcer la lutte renforcée contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. La santé ayant été considérée comme un pilier fondamental du développement économique.
Seulement, plus de 20 ans plus tard, seuls quelques pays comme le Rwanda, le Botswana et le Cap-Vert sont parmi les meilleurs élèves. L’enveloppe allouée à la santé au Cameroun en 2026 est d’environ 390 milliards Fcfa sur moins de 10% du budget global qui est de 8881, 4 milliards de FCFA. Ce qui justifie la dépendance des financements étrangers avec des conséquences sur les malades qui font face aux ruptures des stocks de médicaments, de réactifs et des vaccins (tuberculose). Vivement que l’exemple d’Etienne Tshisekedi interpelle nos décideurs.
Cette année, la RDC redéfinit sa souveraineté budgétaire en matière de santé. Bien que les crédits de base alloués à la santé aient dépassé 5 500 milliards de francs congolais (environ 2,5 milliards de dollars), la véritable transformation va bien au-delà. Grâce à des décisions politiques audacieuses, le gouvernement a mis en œuvre un système de financement de la santé dédié, fondé sur la mobilisation des ressources nationales.
Le Fonds de promotion de la santé, alimenté par une taxe de 2 % sur les produits importés (hors produits alimentaires et agricoles), devait initialement générer jusqu’à 599 milliards de francs congolais en 2026, selon les projections des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies. Des mises à jour internes des ministères de la Santé et des Finances estiment désormais qu’il générera plus du double, témoignant d’une volonté politique manifeste. Avec un accord de paix national sur le point de relancer l’activité économique et les échanges commerciaux, ce fonds devrait croître significativement au-delà de 2026, transformant ainsi la reconstruction post-conflit en un investissement durable dans la santé.
Parallèlement, la mise en place de l’assurance maladie obligatoire instaure une contribution structurelle de 2,5 % sur les salaires bruts dans les secteurs public et privé. Même avec des modélisations internes prudentes, cette réforme générerait 787 milliards de CDF en 2026. Grâce à une couverture plus étendue du secteur public et à une intégration progressive du secteur privé, les projections internes indiquent que les recettes pourraient dépasser 1 100 milliards de CDF. L’expansion future comprendra une couverture complète du secteur formel et une inclusion progressive de l’économie informelle, qui représente actuellement plus de 95 % de l’emploi. En étendant la protection aux personnes traditionnellement exclues des systèmes formels, il s’agit de bien plus qu’une simple réforme fiscale : c’est une véritable transformation sociale.
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