Des tentatives de réponses ont été formulées par des universitaires à Yaoundé du 6 au 8 mai 2026 lors du symposium sur « Journalisme à l’ère de l’Intelligence artificielle »
Des tentatives de réponses ont été formulées par des universitaires à Yaoundé du 6 au 8 mai 2026 lors du symposium sur « Journalisme à l’ère de l’Intelligence artificielle »
C’était un véritable régal. Pour ceux qui ont effectué le déplacement de l’auditorium du ministère de la communication. Le dispensateur de la leçon inaugurale sur « le cadrage théorique et méthodologique de l’intelligence artificielle appliquée au journalisme », le Pr Laurent Charles Boyomo Assala, président du comité scientifique du symposium dès l’entame de son propos va louer l’initiative de med.ia Laboratory, organisateur du tout premier symposium sur « le journalisme à l’ère de l’IA.
« Ce type d’échange nous manque un peu ; aux années du début de l’université du Cameroun, il y avait régulièrement ce type d’évènements, félicitant les initiateurs de la rencontre d’avoir pu créer un espace institutionnel de l’intelligence artificielle (IA). La science n’est pas un lieu sans spectacle de la science », va-t-il lancer, dans un style qui lui est propre.
Citant un de ses enseignants à la Sorbonnes, Patrick Champagne, le Pr Boyomo dira que la citation de son maître :
« Les concepts doivent être restitués dans l’état où ils ont été trouvés et méritent d’être complétés sur le terrain ».
Car, explique-t-il, si par exemple, l’on dit « journalisme et IA », il y a une grande difficulté à saisir la corrélation entre journalisme et IA à partir des préconisations du med.ia Lab. Or, pense-t-il, il y a des jeunes qui utilisent bien l’IA, mais peuvent ne pas être des journalistes et aussi des journalistes peuvent ne pas savoir comment utiliser l’IA. Dans ce cas, le journaliste subit l’IA. Il est alors important de préciser ce que l’on entend par journalisme, c’est-à-dire toute la rigueur du métier qui part des faits et utilise les techniques de vérification avant la diffusion de toute information.
Pr Thomas Atengo Enseignant des universités, il va aussi reconnaître la portée de symposium qui est l’un des premiers évènements qui traite de l’IA avec le contexte du monde socio professionnel au Cameroun. Rappelant l’histoire de la presse, il va retracer qu’au début était la presse religieuse, ensuite la presse d’opinion ou le griotisme, puis le journalisme engagé pour la démocratie ou pour le changement et aujourd’hui, le journalisme de communication, qui valorise l’image des individus ou des organisations. L’IA arrive dans ce contexte avec des défis qu’elle pose. Parmi ces défis, celui de l’autonomisation ; l’IA peut faire les mêmes tâches que le photographe ou le journaliste.
« Qui sera alors journaliste ? il faut revoir la loi pour redéfinir le journalisme », tranche-t-il.
Les autres défis concernent les données, les sources, ou alors leur fiabilité. La création des produits utilisés, le contrat de communication entre les publics et les médias, le modèle économique, le défi des connaissances à transmettre à l’ère de l’IA. L’universitaire pose le problème de l’accès à Internet comme défi majeur à relever par la Charte éthique de l’IA dans un pays où seulement 43% de personne ont une connexion. Et un pays qui n’a pas encore une loi qui encadre l’IA. Lui emboitant le pas, le Pr Simon Ngono relèvera que les cadres réglémentaires en matière de l’IA sont encore en construction en Afrique.
« La question n’est pas seulement de savoir comment réguler l’IA mais comment gouverner un espace de régulation fragmenté ? », demande-t-il.
Celui-ci rappelle que sur les cinq modes de régulation des médias existants dans le monde, le cinquième qui concerne les régulations émergentes est plus interrogateur.
D’où l’interrogation du Pr Baba Wame qui révèle que jusqu’à 60% des Camerounais s’informent via WhatsApp aujourd’hui.
« Comment le journalisme peut-il recomposer les équilibres ? », se questionne-t-il.
A en croire cet enseignant des universités, les monopoles des médias ont commencé à leur déclin dans les années 1990 et comme si cela ne suffisait pas, le choc numérique a baissé les tirages en presse écrite.
« L’audience est déplacée plus vite que les capitaux des paroles périphériques des influenceurs qui sont audibles sans vérification », remarque-t-il.
Baba Wame déplore la coexistence de deux régimes informationnels avec des fortunes diverses au Cameroun.
« Le papier (presse écrite) qui est contrôlé et WhatsApp qui échappe au contrôle », indique-t-il.
Il appelle au renforcement des anciennes méthodes de vérification de l’information avec l’IA, sans les abandonner.
Une préoccupation dont la réponse viendra dans une session coanimée par le Pr Alexandre Djimeli et son collègue, au cours de laquelle quelques notions de vérifications ont été dévoilées aux journalistes pour la crédibilité de leur travail.
Pour le Pr Essama Mekongo de l’Université de Yaoundé II, qui se dit favorable à la création d’une charte éthique de l’IA, il y a cinq enjeux à prendre en compte ; ils vont de la transparence à l’interdiction des outils plus dangereux que d’autres en passant par la responsabilité et la protection des données.
Serge Banyimbe, chef secteur de la communication (a.i) au Bureau de l’UNESCO à Yaoundé, apaisera les frayeurs suscitées par l’IA. Selon lui, l’IA ne doit pas faire peur car elle permet aujourd’hui au journaliste de faire son travail plus rapidement qu’à l’ère du Nagra et du cryptogramme.

Hervé Tiwa, directeur exécutif de med.ialab, organisateur du symposium, le Cameroun a tout ce qu’il faut pour ne pas subir la révolution numérique.
Pour Jean Patient Tsala, président régional du syndicat des journalistes du Cameroun (SNJC)dans le Centre, il faut que les journalistes aient à l’esprit la nécessité de rester professionnels.
« Nous avons une responsabilité en tant que syndicat et en tant que journalistes. La question de l’IA est une problématique cruciale. En créant la charte, il faut qu’elle intègre les réalités du journaliste camerounais. Quelle est l’opportunité à intégrer l’IA. Il faudra que les pouvoirs publics et les autres nous accompagnent. Le SNJC est en train de créer le Conseil d’éthique et de déontologie. Comment s’approprier l’IA en restant professionnel ? », s’est-il interrogé.
Félix Zogo, Secrétaire général du ministère de la Communication, représentant le ministre, a invité les journalistes à agir de manière collective et responsable.
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