Afin de réduire ces morts, la Conférence internationale des sage-femmes en cours à Lisbon au Portugal appelle les Etats à combler ce déficit chiffré à un million de personnel.
Afin de réduire ces morts, la Conférence internationale des sage-femmes en cours à Lisbon au Portugal appelle les Etats à combler ce déficit chiffré à un million de personnel.
La question du déficit de sage-femmes dans le monde est préoccupante.
Et pour la célébration de la Journée internationale à elles dédiée, le thème a été choisi pour adresser cette préoccupation.
« Un million de sage-femmes en plus » ; le lieu pour la Confédération internationale des sage-femmes (ICM) d’appeler à une action urgente à l’échelle mondiale pour renforcer et soutenir les effectifs de ce maillon essentiel dans santé de la femme et du nouveau-né.
Selon l’ICM, de nouvelles recherches révèlent une pénurie d’environ 980 000 sage-femmes dans 181 pays.
Pour la Confédération internationale, les gouvernements doivent :
« investir dans la formation, l’emploi et la rétention des sage-femmes, permettre aux sage-femmes d’exercer dans tout leur champ de compétences, garantir des conditions de travail sûres et une rémunération équitable renforcer le leadership des sage-femmes et leur intégration dans les systèmes de santé. »
« Ce déficit affecte déjà l’accès aux soins pour les femmes et les nouveau-nés dans le monde entier. Des millions de femmes ne peuvent pas accéder à des soins essentiels avant, pendant et après la grossesse et, sans investissement immédiat, cette pénurie devrait persister bien au-delà de la prochaine décennie »,
à en croire la Confédération internationale des sage-femmes.
L’article publié par l’équipe de l’ICM accuse plus de quatre millions de décès maternels chaque année dans le monde.
« La pénurie est une réalité actuelle, pas un risque futur-les systèmes de santé sont déjà sous tension-les femmes se heurtent à des obstacles pour accéder à des soins rapides et de qualité-même avec les niveaux actuels de formation -la pénurie persistera jusqu’en 2030 (…) »,
s’inquiète l’ICM, qui souligne que le déficit en sage-femmes représente l’un des plus importants gaps relevés dans le système de santé dans le monde.
« Ce n’est pas un risque pour l’avenir. C’est une réalité actuelle. L’absence de près d’un million de sage-femmes signifie que les systèmes de santé sont poussés à leurs limites, que les sage-femmes sont surchargées et insuffisamment soutenues, et que les soins deviennent fragmentés. Ce n’est pas seulement une question d’effectifs, c’est aussi une question de qualité et de sécurité des soins pour les femmes et les bébés »,
a indiqué Anna af Ugglas, directrice générale ICM.
Au Cameroun, 406 femmes décèdent sur 100 000 naissances vivantes.
Mais le pays compte un peu plus de 2 500 sage-femmes formées, soit environ 0,5 personnel infirmier ou sage-femme pour 1 000 habitants ce qui revient à une sage-femme pour environ 6 000 femmes en âge de procréer.
L’analyse s’est faite dans 181 pays, représentant 82 % des femmes en âge de procréer dans le monde.
La Confédération internationale des sage-femmes soutient que si un accès universel aux soins assuré par ce personnel de santé, l’on pourrait prévenir environ deux tiers des décès maternels et néonatals ainsi que des mortinaissances et que même avec des augmentations modestes de la couverture en sage-femmes, plus d’un million de vies chaque année seraient sauvées par an.
Cependant, en l’absence d’investissement urgent, la pénurie mondiale resterait de 690 000 à 830 000 sage-femmes d’ici 2030, la croissance démographique continuant de dépasser l’expansion des effectifs.
La pénurie touche toutes les régions du monde ; l’Afrique représente 46% du taux de pénurie mondial.
« La pénurie ne concerne pas seulement le nombre de sage-femmes formées, mais aussi le fait qu’elles soient réellement employées et déployées là où les femmes en ont besoin. Dans de nombreux contextes, les sage-femmes ne sont pas en mesure d’exercer pleinement, ce qui prive les femmes de l’accès aux soins qu’elles sont formées à fournir »,
Jacqueline Dunkley-Bent, Sage-femme en chef, ICM.
Présente dans plus de 135 associations de sage-femmes dans plus de 115 pays, la confédération internationale des sage-femmes œuvre principalement pour un monde dans lequel chaque femme, chaque nouveau-né et chaque adolescent a accès aux soins d’une sage-femme autonome et compétente.
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