Deux de ses dignes fils, Arsène Enoka et Vianey Ambiana, ont gracieusement offert ce précieux liquide, grâce à des installations issues d’un forage dont ils ont financé la construction.
Deux de ses dignes fils, Arsène Enoka et Vianey Ambiana, ont gracieusement offert ce précieux liquide, grâce à des installations issues d’un forage dont ils ont financé la construction.
Arsène Enoka Embiene et Vianey Ambiana auraient dû se contenter du forage creusé dans leur concession familiale sans se soucier de la souffrance des autres fils et filles de Kiendou. Mais les deux frères, qui jusqu’ici n’ont manifesté aucune ambition politique quelconque et, au contraire de ceux qui, pour un petit don, font sonner la trompette, ont investi dans l’achat de plusieurs centaines de tuyaux afin d’installer un robinet au milieu du quartier, question de raccourcir le trajet aux femmes et aux filles dont la corvée prend désormais fin. Un acte de générosité salué par toute la famille ; et Joseph Enoni, le chef Kiendou, n’a pas manqué de leur transmettre le message de remerciement et de bénédiction des leurs.
En fait, Yangben, situé à une trentaine de kilomètres de Bafia, le chef-lieu du département du Mbam-et-Inoubou, lui-même à deux heures de route de Yaoundé, dans la région du Centre, connu pour son célèbre chef Botiba et son palais, attire aussi des hommes politiques ; la dernière élection présidentielle a vu débarquer des candidats ou leurs représentants pour solliciter les suffrages des fils et filles de l’un des plus grands villages Yambassa de l’arrondissement de Bokito. Ils ont, le temps d’un voyage aux visées politiques, vécu le calvaire de la mauvaise route que bravent au quotidien les Yangbens.
Mais au-delà du piteux état de la route qui relie, entre autres, des villages tels que Batanga, Bongo et Omendé, passe par Kilkokot pour rallier Boumnyébel, les enfants de Yangben souffrent du manque d’eau. Le quartier Kiendou, jadis connu comme « château d’eau » du village grâce à la présence de zones humides, avec Yimbé, un point d’eau qui résistait aux saisons, a connu une crise hydrique sans précédent. « À cause des bœufs, toutes nos réserves tarissent en saison sèche. Celles qui essaient de résister sont inutilisables pour nos besoins parce que les bœufs entrent dans la source, la troublent et y défèquent », explique un fils du village. Là-bas, les femmes et les petites filles doivent parcourir des kilomètres à la recherche de l’eau à boire. « Il nous arrivait de ne pas faire la cuisine parce qu’il n’y avait pas d’eau. Même le bain était impossible. Imaginez alors des femmes en menstrues qui passent des jours sans penser à leur hygiène par manque d’eau. Tout cela est un triste souvenir pour nous aujourd’hui », témoigne une ménagère.

Cette eau vient redonner la vie à tous les habitants, alors que l’année dernière, des pépinières ont dépéri parce qu’elles ne pouvaient pas être arrosées. « Il fallait débourser au moins 3 000 FCFA pour avoir 500 à 1 000 litres d’eau dans un forage à près d’un kilomètre d’ici. Une eau qu’il fallait utiliser avec parcimonie en privilégiant l’abreuvage et la cuisson des aliments. Nous nous contentions seulement de quelques gouttes de pluie pour mouiller nos plants. Aujourd’hui, ils sont suffisamment arrosés et évoluent normalement », signale un jeune Yangben qui a perdu plus de la moitié de sa pépinière en 2025, et qui se réjouit du geste des donateurs qui auraient pu acheter quelques sacs de riz, du poisson et des boissons, et s’afficher dans les médias. Une leçon d’humilité et de générosité sans pareil !
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