La Société des gynécologues obstétriciens du Cameroun, ODAS, des administrations sectorielles et l’Association camerounaise pour le bien-être familial désormais ensemble, pour un plaidoyer pour la domestication de l’article 14 : 2C du Protocole de Maputo.
Une réunion regroupant des représentants des ministères de la Promotion de la femme et de la Famille (MINPROFF), des Finances (MINFI), de la Justice garde des seaux (MINJUSTICE), de l’Economie du Plan et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT), des Affaires sociales (MINAS) et de la Santé publique (MINSANTE) s’est tenue dans les locaux de la Cameroon National Association for Family Wellfare (CAMNAFAW). L’assise organisée par la Société des gynécologues obstétriciens du Cameroun (SOGOC), son partenaire Organisation pour le dialogue sur l’avortement sécurisé (ODAS) en collaboration avec la CAMNAFAW est une étape dans le processus de mise en place d’un groupe de travail technique sur la domestication de l’article 14 : 2C du Protocole de Maputo, qui consacre des droits à la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles par la définition des conditions d’accès à un avortement sécurisé.
Au Cameroun, le taux de mortalité maternelle reste encore parmi les plus élevés du monde et même des pays au même niveau de développement ; plus de 250 décès pour 100.000 naissances vivantes, d’après les résultats des enquêtes en cours de finalisation. « 13 % des décès maternels dans le monde, et 30 % au Cameroun, sont dus à des avortements non sécurisés », selon le Pr. Félis Essiben, gynécologue obstétricien, représentant du président de la SOGOC.
Pour le Dr Gille Mandeng gynécologue, le Cameroun veut vraiment réduire la mortalité maternelle. La ratification du Protocole de Maputo en 2009, en est une preuve, à en croire le chef de service de la santé maternelle à la Direction de la santé familiale au ministère de la Santé publique. Lui qui a précisé que, conformément au droit, les traités internationaux prévalent sur le droit national, mais que leur mise en œuvre effective posait problème.
La domestication du Protocole de Maputo au Cameroun enregistre des progrès, surtout avec le débat parlementaire et la tenue d'une session plénière en 2025, grâce l’action de SOGOC, ODAS et CAMNAFAW, etc. qui portent le plaidoyer et œuvrent dans la sensibilisation des communautés. Seulement, les résistances socioculturelles et religieuses et l'absence de transposition de l'article 14 du Protocole de Maputo dans la législation nationale restent encore des défis à relever. Le faire nécessite une fédération des forces.


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