Les assises ouvertes le 28 octobre par la ministre des Affaires sociales, Pauline Irène Nguene, planchent sur les progrès, les défis et les perspectives de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes Handicapées, 20 ans après son adoption.

Le Cameroun a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées en 2021 après l’avoir signée en 2008. Dans la même veine, le président de la République a promulgué la loi de 2010, qui est assortie des mesures punitives au profit des personnes vivant avec un handicap à travers des sanctions pénales contre ceux qui violent leurs droits.
Ces quelques références sont de la ministre des Affaires sociales Paulin Irène Nguene, le 28 octobre dernier à Yaoundé, à l’ouverture de la deuxième édition du Symposium africain sur l’inclusion sociale, organisé par le média « InclusionActu » de Guy Martial Tchinda.
Dans ce contexte marqué par un arsenal de textes internationaux et nationaux, signés, ratifiés et promulgués, Armand Leka Essomba, sociologue et enseignant à l’Université de Yaoundé I, dans sa leçon inaugurale intitulée : « Humaniser le handicap, déconstruire les barrières de l’inclusion sociale en Afrique », affirme que les obstacles rencontrés par les personnes vivant avec un handicap sont plus dans les perceptions que dans les prescriptions.
L’enseignant soutient que le vrai visage de la question du handicap s’énonce sous la forme de la crise de la précarité et non sous la forme de la crise des identités. Il va alors demander de sortir le handicap de la dimension médicale, où l’on tend à le loger, pour la dimension sociale, par la construction d’un pacte de solidarité afin de briser les différentes barrières.
Sortir de la sensibilisation parce qu’elle renvoie à l’assistance.
« On ne construit pas une société en demandant aux exclus de s’adapter, on commence par le regard que nous portons sur les personnes vivant avec un handicap », va conclure le Pr Leka Essomba, président du Comité scientifique du symposium.
Plus de 80 experts d’une quinzaine de pays
La ministre des Affaires sociales, abondant dans le même sens, rappellera que la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées qui appelle tout le monde à changer la perception de cette cible n’est ni le favoritisme ni la philantropie mais un impératif de développement doté d’une spécificité de justice sociale au regard des talents réels dont regorgent ces personnes.
« Ce symposium est l’occasion d’établir les progrès réalisés par les Etats et les gouvernements mais aussi les organisations de la société civile dans l’encadrement des personnes vivant avec un handicap en tant que citoyens à part entière (…) le handicap ne doit pas être traité comme une thématique isolée mais comme une question à intégrer dans toute programmation de développement.
Les personnes handicapées constituent 15% de la population mondiale, plus d’un milliard de personnes dont les 2/3, vivant dans les pays en développement, sont le plus souvent victimes de discrimination et de marginalisation, ne bénéficiant pas d’une éducation et d’une formation professionnelle appropriées pour accéder au marché du travail…», a déploré Pauline Irène Nguene.
Elle s’est néanmoins réjouie de l’opérationnalisation en cours du centre de réhabilitation des personnes handicapées d’Etoug-Ebé à Yaoundé et du centre de réhabilitation de Maroua, dans l’Extrême-nord, et des mesures fortes contenues dans la loi de finances de 2026 qui vont permettre de concrétiser certaines mesures jusqu’ici en suspens.

Au total, et selon Guy Martial Tchinda, le président du Comité d’organisation, plus de 80 communications, délivrées par plus de 80 experts d’une quinzaine de pays sur les problèmes rencontrés par les personnes vivant avec un handicap.
Des recommandations seront formulées à l’issue des travaux qui s’achèvent ce 30 octobre.
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