Dans cette tribune le Pr Bassirou Bonfoh, le directeur Afrique One, propose aussi de revenir aux mesures barrières.
Par la Rédaction avec Afrique One
Dans cette tribune le Pr Bassirou Bonfoh, le directeur Afrique One, propose aussi de revenir aux mesures barrières.
Par la Rédaction avec Afrique One
La porosité des frontières et l’intensité des flux régionaux (terre, air, mer) font de la mobilité humaine et transfrontalière le premier vecteur potentiel d’introduction du virus Ebola Bundibugyo (ex : Ouganda, Kenya, Nigeria).
La communication publique doit impérativement cibler les corridors de transport (aéroports en priorités), les marchés frontaliers et les points d'entrée officiels comme informels pour transformer ces espaces de transit en barrières de sécurité sanitaire.
Aux postes-frontières terrestres, maritimes et aéroportuaires, l’accent doit être mis sur l’adhésion volontaire des transporteurs, commerçants et voyageurs au dépistage thermique et aux déclarations de voyage, en insistant sur le fait que ces contrôles protègent leurs familles et leurs communautés, loin de toute stigmatisation des personnes en provenance des pays touchés.
Les pays doivent réactiver la logistique de traçabilité des voyageurs à ces points d’entrée. Pour neutraliser le risque que des voyageurs infectés ne se déplacent à l'intérieur du pays, le message doit marteler la cartographie des provenances et la détection précoce des premiers symptômes (fièvre brutale, courbatures, maux de tête), trop souvent confondus avec le paludisme, avant que n'apparaissent vomissements, diarrhées et saignements.
Les communautés frontalières et les acteurs du transport doivent intégrer l'interdiction stricte de transporter ou de soigner clandestinement un voyageur manifestant des signes fébriles, privilégiant l'isolement immédiat et l'appel aux numéros verts dédiés dans les pays. Dans les gares routières et les zones de transit, les mesures barrières (ex. lavage régulier des mains à l'eau et au savon et refus de tout contact avec les fluides corporels) doivent redevenir la norme quotidienne aux frontières.
Cette vigilance transfrontalière exige enfin une alliance directe avec les transporteurs et les réseaux communautaires frontaliers afin de bloquer les voies de contournement non surveillées et d'assurer une alerte précoce dès qu'un cas suspect ou un décès inexpliqué survient le long des voies de migration.
Bassirou Bonfoh, Directeur Afrique One
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