C’est l’un des objectifs de la campagne de vaccination lancée à Yaoundé le 14 octobre et qui se poursuit jusqu’au 18 octobre 2026 dans les dix régions du Cameroun.
C’est l’un des objectifs de la campagne de vaccination lancée à Yaoundé le 14 octobre et qui se poursuit jusqu’au 18 octobre 2026 dans les dix régions du Cameroun.
Malgré les efforts déployés, la rougeole demeure une réelle préoccupation sanitaire au Cameroun. Sur le plan épidémiologique, elle présente une évolution fluctuante caractérisée par des pics en 2022 et 2023, suivis d’une baisse en 2024 et d’une recrudescence dès 2026. Les tranches d’âge les plus touchées sont celles des enfants de 24 à 59 mois, suivies des 5 à 9 ans et des 9 à 23 mois. Sans traitement spécifique, cette maladie très contagieuse peut dégénérer en pneumonie, en encéphalite, voire emporter un enfant. La rubéole, quant à elle peut causer de graves malformations chez le bébé d'une femme infectée pendant sa grossesse.
Selon les données du ministère de la Santé publique du Cameroun, depuis le début de l’année 2026, 120 districts de santé dans les dix régions connaissent des épidémies de rougeole. Un total de 9 568 cas a été confirmé et 18 cas de décès enregistrés. C’est en vue de renforcer la protection des enfants et de réduire les complications liées à ces maladies qu’une campagne de vaccination est organisée du 14 au 18 octobre 2026 sur l’ensemble du territoire national, à l’endroits des enfants de 09 à 18 mois. Cette campagne vise, par ailleurs, à réduire la morbidité et la mortalité associées aux deux maladies, conformément aux objectifs mondiaux d’élimination.
Pour assurer le bon déroulement de cette opération, l’UNICEF accompagne le ministère de la Santé publique, notamment dans l’acheminement des vaccins et la sensibilisation des populations. Adrien Fapeingou Tounkara, gestionnaire de données section santé et membre de la coordination de l’équipe UNICEF, précise : « Principalement, au compte de l’UNICEF, nous avons la charge de la logistique, notamment le transport et l’acheminement de ces vaccins au niveau des différents districts de santé pour le pays. » Au-delà de cet appui logistique, les équipes participent à la mobilisation communautaire afin d’informer les parents sur l’importance de la vaccination.

Adrien Fapeingou Tounkara
Réticences et zones difficiles d’accès
Cette campagne de vaccination ciblant 6,1 millions d’enfants de 9 à 59 mois, doit toutefois faire face à plusieurs obstacles, notamment les réticences de certaines familles et les rumeurs concernant les vaccins. « Les principaux défis, c’est la réticence de la communauté », souligne-t-il.
Pour surmonter ces difficultés, des mobilisateurs sociaux et d’autres acteurs communautaires sont déployés sur le terrain afin de sensibiliser les populations et de favoriser leur adhésion. L’autre enjeu consiste à atteindre les enfants vivant dans les localités reculées ou les zones affectées par l’insécurité. À cet effet, des stratégies adaptées sont mises en œuvre, notamment dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord. « Notre règle est d’atteindre chaque enfant », affirme Adrien Fapeingou Tounkara, en insistant sur la nécessité de prendre en compte les populations nomades, les personnes déplacées internes et les communautés éloignées.
Un objectif de 95 % de couverture vaccinale
À travers cette campagne, les équipes ambitionnent d’informer au moins 90 % des parents et d’atteindre une couverture vaccinale d’au moins 95 % chez les enfants ciblés. Pour le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, « protéger l’enfant contre la rougeole et la rubéole, c’est protéger le capital humain ». Cette orientation s’inscrit justement dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), notamment dans son pilier consacré au développement du capital humain.
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