A Yaoundé, lors d’un festival de deux jours (29 au 30 mai), la société civile élève sa voix vers les autorités pour le respect des règles prôné par la communauté internationale.
A Yaoundé, lors d’un festival de deux jours (29 au 30 mai), la société civile élève sa voix vers les autorités pour le respect des règles prôné par la communauté internationale.
Si les menstrues sont un phénomène naturel dans la vie d’une femme, il reste que leur survenue, à cause des affections sur les plans physique, mental, sanitaire et sociale ont souvent des répercussions sérieuses sur les jeunes filles et adolescentes.
Malgré tous ces désagréments, les silences semblent se multiplier ; et selon les spécialistes de la santé, sept adolescentes sur dix vivent encore dans la pauvreté menstruelle. Ce qui, à en croire le Pr Claude Noa Ndoua, gynécologue-obstétricien, enseignant de médecine à Yaoundé, affecte la santé de reproduction de ces adolescentes dans l’avenir.
C’est une des portes d’entrées des grossesses non-désirées et précoces et des avortements non-sécurisés.
La société civile a pris le taureau par les cornes, en organisant du 29 au 30 mai 2026 à Yaoundé, un festival sur le thème : « Mes menstrues libres ».
« Parce que nous voulons créer un espace d’expression et de sensibilisation en général autour de la question des menstruations au niveau des communautés mais aussi au niveau des institutions au Cameroun », a indiqué Viviane Tatih, coordinatrice exécutive de l’Association « Sourires de Femmes » organisatrice de l’activité au Cameroun, avec l’appui de ses partenaires.
Au programme, exposition du savoir-faire de la dizaine d’organisations présentes, distribution des contraceptifs, des gadgets pour la gestion des périodes menstruelles, de tables rondes dont celle sur : « la santé sexuelle et reproductive : les politiques publiques liées à la dignité sexuelle au Cameroun », etc.
Un panel composé de Souleymane Moussa, représentant de Rabawaa dans l’Extrême-nord, Didier Florian Fotsing de la Cameroon National Association for Family and Wellfair (CAMNAFAW), de la représente de Royalty World et de Jacquelin Nkonlack de Médecins du monde.

Il est difficile de parler de dignité menstruelle au Cameroun ; constat d’ensemble.
Ce qui peut pousser Didier Florian Fotsing, à présumer que tant que la jeune fille, dès sa tendre enfance ne bénéficiera pas d’une préparation lui permettant d’accepter les menstrues comme une étape normale de son existence, qu’une fille sur dix n’ira pas à l’école chaque fois qu’elle est en période de règles, qu’à cause du coût élevé, le matériel de protection sera hors de portée pour de nombreuses filles, qu’il n’existera pas des espaces spécifiques aménagés sur des lieux publics pour que celles-ci puissent se nettoyer et se changer quand elles ont leurs menstrues, il est impossible de prétendre à une dignité menstruelle au Cameroun.
En fait, regrette Souleymane Moussa, si dans le grand Sud du Cameroun, on parle d’améliorer la situation, dans le Septentrion, il est question de voir comment commencer à parler publiquement de la santé sexuelle et reproductive et de tout ce qui va avec comme l’hygiène menstruelle.
Les pesanteurs socio-culturelles, aidées par la mauvaise interprétation du livre saint sont autant de barrières que le jeune homme de 30 ans essaie de franchir depuis trois ans, malgré les difficultés financières.
De l’avis de Jacqueline Nkonlack, l’amélioration de cette situation passe par la subvention par l’Etat, des serviettes hygiéniques, afin de baisser les prix ou de les rendre gratuites et le renforcement de la communication et de la sensibilisation pouvant briser les barrières dans les zones où les menstrues sont considérées comme une souillure.
Baisser les prix des garnitures passe par leur détaxation, comme l’ont souhaité beaucoup de participants.
Mais en attendant, Royalty World se déploie déjà pour la promotion des solutions locales, notamment la formation des couturières de serviettes hygiéniques qui ont une durée de vie de trois ans au moins si elles sont bien entretenues.
Là encore, la sensibilisation est nécessaire car des jeunes ont du mal les utiliser parce qu’elles ne supportent pas se frotter à leur propre sang.
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L’espoir de la mise en place d’une Politique nationale spécifique sur la santé menstruelle qui reste jusqu’ici adossée à la Stratégie de la santé reproductive et néonatale, la santé des adolescents, la politique de santé scolaire.
Comme l’a relevé Ina Christine Flore Baïkol, responsable suivi évaluation des activités de la santé de l’enfant à la Direction de la santé familiale au ministère de la Santé publique.
La représentante du MINSANTE a reconnu les défis de l’hygiène menstruelle et les conséquences sur la jeune fille qui peut s’exposer aux relations sexuelles précoces et non-désirées pour acheter les très coûteuses serviettes hygiéniques, par exemple.
Ensemble pour un « Monde respectueux des règles », est le thème de la commémoration de la journée internationale de l’hygiène menstruelle, le 28 mai dernier.
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