Par ailleurs, l'arrêté signé ce 28 avril par le ministre des Forêts et de la Faune réduit à 23 les espèces de bois autorisées à la vente sous la forme non-débitée, préparant ainsi à l’entrée en vigueur le 1er janvier 2028, de la décision de la CEMAC prise le 23 février 2024 à Bangui.
Dès le 1er janvier 2028, les pays de l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) arrêtent l’exportation du bois en grume. Ceci conformément à la décision des ministres en charge des Forêts de la CEMAC et la République Démocratique du Congo, le 23 février 2024, à Bangui en République Centrafricaine, lors du sommet ordinaire de cette instance.
Afin de préparer le Cameroun à cette échéance, le ministre des Forêts et de la Faune (MINFOF), Jules Doret Ndongo, a signé ce 28 avril 2026, un arrêté rendant publique, une liste de 91 essences interdites d’exportation en grumes.
Par ordre alphabétique, la liste va :de l’Abale/Abing/Essia au Zingana/Amuk, en passant par l’Acajou blanc,l’Ayous/Obeche, l’Ekoume, l’Essenssang, l’Esson/Ekopa, l’Iroko, le Teck, le Wamba, le Wengue, entre autres.
Le nombre d’essences de promotion est désormais de 23.
Il s’agit de la mise en œuvre progressive de la décision de Bangui qui laissait à chaque pays la latitude de se mettre en règle à son rythme. C’est ainsi que déjà le 4 avril 2024 et dans la même optique, Jules Doret Ndongo, toujours par un arrêté, interdisait l’exportation sous forme de grumes de 76 essences de bois.
Le Cameroun n’a de cesse de prendre des mesures fiscales visant à limiter les exportations des grumes et des sciages issus de la première transformation. Comme nous pouvons lire sur le site du media « Investir au Cameroun » :
« entre 2017 à 2023, le droit de sortie des grumes est passé d’un taux de 17,5% à 60%. Ces revalorisations successives correspondent à une hausse globale de la taxation des exportations des grumes de 343% en valeur relative. Dans la loi de finances 2024, ce droit de sortie des grumes a été à nouveau revalorisé, passant de 60% à 75% de la valeur FOB de l’essence. Sur le même registre, le droit de sortie des sciages a crû de 165% entre 2016 et 2023, selon les propres calculs des forestiers. »
Le sous-secteur forêt apporte 3,8 à 4% de contribution au Produit intérieur brut du Cameroun, il génère environ 60 milliards de FCFA, soit 100 millions de Dollars USD par an, selon les chiffres de l’Institut national de la Statistique (INS).
Avec ses 22 millions d’hectares de forêt qui le classent deuxième du bassin du Congo, derrière la République Démocratique du Congo, le Cameroun joue un rôle important dans les négociations pour la lutte contre le réchauffement climatique, la forêt ayant une capacité à séquestrer le carbone.
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