Ces évidences révélées par une étude réalisée entre 2022 et 2025 interpellent encore ceux qui protègent leurs valeurs et leurs convictions, sur l’urgence d’une loi sur la santé de la reproduction et les droits qui vont avec. Pour sa part, la société civile continue sa mobilisation pour son plaidoyer dans ce sens.
Que retenir de la rencontre tenue le 3 septembre dernier à Yaoundé ? En fait, l’initiative de la Société camerounaise de gynécologie-obstétrique (SOGOC), porteuse du projet de « Plaidoyer pour des soins complets d'avortement » (ACAC, son acronyme en anglais), s’inscrit en droite ligne de l’objectif de mutualisation des forces dans le but de plaider pour une loi sur la Santé de la reproduction au Cameroun. Et pour cela, la Cameroon National Association for Family Welfare (CAMNAFAW), le Centre ODAS et d’autres organisations de la société civile cheminent avec la SOGOC.
La rencontre aurait dû être une de plus, où chacun, de par ses valeurs et ses convictions socio-culturelles, condamne ou défend la nécessité d’un cadre légal sur les droits à la santé sexuelle et de la reproduction, notamment à l’avortement sécurisé. Mais, grâce aux données présentées par le professeur Felix Essiben, gynécologue obstétricien, même les plus sceptiques se sont dit favorables pour une loi. Normal, car ce plaidoyer se caractérise souvent par sa complexité, comme l’a rappelé le directeur exécutif de la CAMNAFAW, à l’ouverture de la rencontre. C’est la raison pour laquelle, pour Guy Martial Mendo Ze, Point focal du Centre ODAS au Cameroun, les données restent importantes pour faire porter des fruits à un plaidoyer.
En effet, selon le Pr, des travaux sur la situation clinique de l’avortement ont déjà été réalisés. Une étude menée entre 2022 et 2025 a révélé que sur 572 cas d'avortement enregistrés à l'Hôpital central de Yaoundé, 167 présentaient des complications liées à l'intervention et quatre femmes en sont décédées. Pour l’inceste, seulement 16,6 % des cas sont signalés , environ 80 % de ces cas surviennent à l'âge de 18 ans et près de 5 % chez des enfants âgés de 1 à 6 ans. Le professeur indique que le viol est la violence physique et sexuelle basée sur le genre (VBG) qui est souvent signalée dans les hôpitaux. « Si la situation de la santé reproductive, de l’avortement et ses complications est aussi alarmante à Yaoundé, qu’en est-il des zones reculées ? », s’est interrogée une participante. Elle n’a pas semblé si bien le dire dans la mesure où à Garoua, le risque est très élevé à cause des mariages forcés et précoces auxquels sont soumises des adolescentes,
Le Cameroun est engagé dans un processus pour la domestication du Protocole de Maputo. Une réunion plénière a eu lieu avec des parlementaires en 2025, à l’issue de laquelle des recommandations ont été données aux membres du gouvernement dont le ministre de la Santé publique l’élaboration d’une loi. 258 femmes meurent sur 100 000 qui donnent la vie au Cameroun. Les complications des avortements non-sécurisés sont la troisième cause de cette funeste situation.
Puisse l’actualité peu reluisante de ces derniers jours, marquée par des féminicides et des infanticides amener les uns et les autres à sortir des tiroirs les textes tant attendus pour une société plus juste pour tous ! La session de novembre arrive à grands pas !
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